Blog > Stratégies > Article

Actualités

Le marché de la Dette Privée est-il toujours attractif en 2026 ?

09.04.2026

Paul Moreno Blosseville
Président
Le marché de la Dette Privée est-il toujours attractif en 2026 ?Le marché de la Dette Privée est-il toujours attractif en 2026 ?

L'article en bref

Les récentes tensions sur la Dette Privée américaine ne doivent pas occulter une réalité plus nuancée : l'Europe reste un terrain attractif, moins saturé et mieux protégé. Spreads élevés, mur de maturités, dynamique de fusions-acquisitions : les signaux sont positifs pour la classe d'actifs, à condition de savoir où et comment investir.

Les récentes tensions sur certains fonds américains : gates activées, demandes de rachats en hausse, ont relancé le débat. La dette privée reste-t-elle une classe d'actifs attractive ? Notre conviction chez Opale Capital est claire : oui, à condition de savoir où et comment investir. Voici notre lecture du marché.

États-Unis vs Europe : deux marchés, deux réalités

Le marché américain : mature, compétitif et sous tension

Le marché américain est, de loin, le plus développé. Il a aussi été le plus audacieux. Sous la pression d'une collecte massive, certains prêteurs y ont progressivement assoupli leurs standards : covenants allégés, structures de financement basées sur l'ARR (revenus récurrents annuels) plutôt que sur l'EBITDA, leviers plus élevés sur des secteurs sensibles comme la technologie.

Ce relâchement s'est concentré dans le segment du upper mid-market où la concurrence entre plateformes a parfois primé sur la discipline de crédit. C'est là que les tensions sont les plus visibles aujourd'hui et c'est là que les défauts pourraient progresser si le refinancement se complique.

Le marché européen : plus jeune, plus conservateur, plus attractif

L'Europe présente un profil sensiblement différent et c'est précisément pour cette raison qu'Opale Capital a fait le choix d'y investir exclusivement dans sa sélection de dette privée senior.

Le marché y est structurellement moins saturé, et les pratiques de crédit y restent généralement plus conservatrices : niveaux de levier plus modérés, covenants mieux préservés, financements ancrés sur des indicateurs opérationnels éprouvés au premier rang desquels l'EBITDA.

La prime offerte aux investisseurs y est encore significative : certains segments mid-market européens affichent des spreads supérieurs de 100 points de base ou davantage par rapport à leurs équivalents américains, reflétant une moindre concurrence et permettant une meilleure sélectivité dans l'origination.

Ce différentiel attire désormais les allocateurs internationaux de manière mesurable : les fonds européens de dette privée ont capté 46 % des levées mondiales sur les neuf premiers mois de 2025, contre 23 % seulement en 2024, un quasi-doublement en un an qui traduit bien plus qu'un simple effet de diversification.

Les acteurs européens de dette privée avec lesquels nous échangeons régulièrement, disposant de fonds Evergreen en Europe comme aux États-Unis, n'ont d'ailleurs pas observé de forte demande de rachat sur leurs fonds purement européens. La distinction géographique n'est pas anodine.

Trois vents porteurs pour la dette privée européenne

Un contexte de fusions-acquisitions favorable

La dynamique récente et soutenue des fusions-acquisitions devrait stimuler la demande de financement, créant un environnement plus favorable à l'octroi de nouveaux crédits et donc à de meilleures conditions de sélection pour les gérants.

Un mur de maturités historique

Plus de 3 000 milliards de dollars de prêts arrivent à maturité dans les cinq ans à venir. Cette vague de refinancement représente une opportunité structurelle considérable pour les fonds de dette privée bien positionnés.

Un environnement de taux favorable

Le consensus de marché anticipe deux à trois hausses de 25 points de base de la BCE (Banque Centrale Européenne) en 2026, sur fond de regain des craintes inflationnistes. Si elles se matérialisent, ces hausses laisseraient place à un environnement macroéconomique favorable pour la rémunération des fonds de dette privée. Par ailleurs, dans les phases de remontée des taux, les banques réduisent classiquement leur volume de prêts, ce qui diminuerait encore davantage la concurrence pour les acteurs du direct lending.

Une sélection plus exigeante que jamais

Dans un environnement macroéconomique créant une divergence plus marquée des trajectoires d'entreprise, tous les gérants ne se valent pas. La différenciation reposera de plus en plus sur la qualité du financement : critères d'octroi du crédit, suivi des garanties, influence des créanciers, choix du sponsor financier.

Ce que nous regardons au niveau des gérants

Chez Opale Capital, notre sélection s'appuie sur des critères stricts :

  • Un historique éprouvé sur plusieurs cycles et crises économiques : l'expérience moyenne des gérants sélectionnés est de 18 ans en Direct Lending
  • Une Loan-To-Value conservatrice : de l'ordre de 35-40 % (au 31 décembre 2025), ce qui maximise le taux de recouvrement en cas de défaut
  • Un taux de perte historiquement bas : inférieur à 0,08 %
  • Des plateformes d’envergure : +500 relations avec des sponsors financiers et +700 milliards d'actifs dédiés au crédit privé, pour accéder à un flux d'opportunités diversifié sur le marché.

Notre conviction

La dette privée senior européenne demeure attractive, offrant des rendements supérieurs et des taux de défaut historiquement plus faibles que les prêts syndiqués cotés. Mais l'environnement actuel appelle à une sélection plus rigoureuse que jamais : la qualité du gérant, la discipline de crédit et le positionnement géographique font aujourd'hui toute la différence.

Pour comprendre le contexte récent des tensions, lisez notre article : ➡️ Que s'est-il passé sur la dette privée ?

Sources :
Discussions et rapports de : Ares, Apollo, Blackstone, Bridgepoint, Goldman Sachs, KKR, Morgan Stanley, Neuberger Berman, Sixth Street et Tikehau Capital.
Études Ares / Blackstone Credit / Golub Capital (structures LTV et senior secured). Preqin. Goldman Sachs Investment Research & Preqin, 2025.

Réservé aux investisseurs avertis.
Ceci est une communication commerciale, veuillez vous référer à la documentation légale du produit avant de prendre toute décision finale d'investissement.
L'investissement en non coté présente un risque de perte en capital. Les produits présentés sont des fonds fermés, illiquides par nature, qui peuvent présenter un risque de change. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et les performances cibles ne sont pas garanties.

Définitions :
EBITDA
: est un indicateur financier qui mesure la rentabilité opérationnelle brute d'une entreprise, avant que la comptabilité et le fisc ne s'en mêlent vraiment.
Loan-To-Value
: Ratio financier qui exprime le montant d’un prêt en proportion de la valeur de l’actif sous-jacent financé et/ou servant de collatérale. Il est utilisé à la fois comme indicateur de risque et comme sécurité pour le prêteur. Plus le ratio est haut, plus l’actif sous-jacent est financé par de la dette, et plus l’opération est risquée.
Mid-market
: Entreprises avec un EBITDA entre 10 et 100M€Spread : La marge que le prêteur ajoute au taux de référence pour se rémunérer et couvrir le risque.

FAQ sur l'article

Quelques questions en lien avec l'article.

Vous avez une autre question ?
Contactez-nous

Derniers articles de la même thématique